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Chronique 2. Faut-il toujours comprendre son passé pour aller mieux ?

2 sept.
3 min de lecture

« L’origine du problème n’est pas nécessairement la clé de sa résolution. »


« Je voudrais aller mieux, mais je n’ai pas envie de passer des mois à parler de mon enfance. »

Cette inquiétude peut parfois freiner certaines personnes qui envisagent de consulter.

L’idée de devoir raconter son passé, revenir sur des événements douloureux ou « tout remuer » peut être suffisamment inconfortable pour renoncer à demander de l’aide.

Pourtant, il n’existe pas une seule manière de faire une thérapie.

En consultation, chacun arrive avec son histoire, ses attentes, ses besoins… et aussi ses limites. Certaines personnes ressentent le besoin de raconter ce qu’elles ont vécu. D’autres souhaitent avant tout comprendre ce qui se passe dans leur vie aujourd’hui et trouver des moyens concrets de faire évoluer une situation qui les fait souffrir.

Les deux sont possibles.

Évoquer son enfance, ses relations familiales ou certaines expériences marquantes peut avoir du sens lorsque la personne en ressent le besoin. Mettre des mots sur ce qui a été vécu peut permettre de déposer une parole, de donner du sens ou d’éclairer certains fonctionnements.

Cette parole a toute sa place. Elle sera entendue et respectée.

Mais elle n’est pas obligatoire.


Le présent comme point de départ du changement

Sans s’opposer à d’autres pratiques qui accordent une place importante à l’histoire personnelle, l’approche systémique et stratégique propose un autre regard.

Elle s’intéresse avant tout à la problématique telle qu’elle est vécue aujourd’hui.

Comment le problème se manifeste-t-il ? Dans quelles situations apparaît-il ? Comment le patient y réagit-il ? Qui est concerné dans son entourage et quelles sont les réactions de chacun ? Et surtout, quelles sont les tentatives mises en place pour résoudre la difficulté ?

Car certaines de nos tentatives pour aller mieux peuvent, malgré nous, contribuer à maintenir voire à aggraver le problème.

Une personne anxieuse peut, par exemple, chercher constamment à se rassurer, éviter les situations qui l’inquiètent ou multiplier les vérifications. Ces comportements sont compréhensibles puisqu’ils cherchent à réduire l’anxiété. Pourtant, ils peuvent aussi contribuer à l’entretenir.

Il peut alors être plus utile d’observer comment le problème fonctionne aujourd’hui et ce qui pourrait être expérimenté autrement, plutôt que de chercher nécessairement son origine.


Et lorsque certains schémas se répètent ?

L’histoire familiale peut néanmoins, dans certains cas, apporter un éclairage intéressant.

La psychogénéalogie est un domaine qui m’intéresse particulièrement dans ma pratique. Lorsque cela me semble pertinent et que cela fait sens pour la personne, je peux être amenée à explorer avec elle certains éléments de son histoire familiale.

Il ne s’agit pas de rechercher systématiquement une explication dans le passé, mais d’observer ce qui a pu se transmettre, se répéter ou s’inscrire dans les relations familiales.

Différents outils permettent de travailler autour de ces schémas répétitifs, notamment le génogramme. Cette représentation graphique de l’histoire familiale sur plusieurs générations peut faire apparaître certains événements marquants, des répétitions, des ruptures, des places particulières ou encore des modes relationnels qui se retrouvent d’une génération à l’autre.

Parfois, mettre en lumière ces répétitions permet de prendre de la distance et de regarder autrement ce qui se joue dans le présent.

Identifier un schéma ne signifie pas être condamné à le reproduire.

La psychogénéalogie peut ainsi constituer un outil intéressant dans certains accompagnements, sans être un passage obligé ni une réponse à toutes les problématiques.


Alors, faut-il comprendre son passé pour aller mieux ?

Pas nécessairement.

Comprendre son histoire peut être aidant. Mettre en lumière certains schémas familiaux peut permettre de prendre de la distance et de s’alléger.

Mais il est aussi possible de commencer un travail thérapeutique à partir de ce qui se passe aujourd’hui, sans avoir à revenir sur tout son passé.

Consulter ne signifie pas nécessairement « tout remuer ». Chacun peut choisir ce qu’il souhaite raconter, ce qu’il souhaite explorer et avancer à son propre rythme.

L’essentiel est de trouver, avec son thérapeute, ce qui peut être utile pour avancer et retrouver une possibilité d’action sur ce que l’on vit.

 
 
 

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